Des musulmans trahissent leurs voisins et amis chrétiens.

IRAK, SYRIE – Lorsque l’Etat Islamique a pénétré la cité syrienne d’Hassaké, provoquant un exode massif de chrétiens, une scène quelque peu familière s’est produite : de nombreux musulmans lambda ont rejoint les troupes de l’Etat Islamique, trahissant instantanément leurs voisins chrétiens de longue date.

Il s’agit de la troisième catégorie de musulmans qui se cachent entre les modérés et les radicaux : il s’agit des cellules dormantes, des musulmans qui apparaissent modérés mais qui attendent juste que les circonstances tournent à l’avantage de l’islam pour rejoindre le djihad.

Des témoignages de non musulmans, la plupart de chrétiens réfugiés de ces régions d’Irak et de Syrie maintenant sous la loi de l’état islamique, attestent de ces trahisons. Leurs voisins sunnites connus de longue date, qui apparaissaient modérés – ou du moins non violents – mais qui, dès que le djihad arriva dans leur village, révélèrent leur véritable visage.

Georgios, un ancien habitant chrétien de la ville de Maloula – une des rares régions du monde où la langue du Christ est encore parlée – a raconté comment ses voisins musulmans qu’il connaissait depuis toujours ont tourné le dos aux chrétiens après qu’Al Nusra, un autre groupe djihadiste, ait envahi la zone en 2013 :

« Nous connaissions nos voisins musulmans depuis toujours. Oui, nous savions que cette famille était quelque peu radicale, mais nous pensions qu’ils ne nous trahiraient jamais. Nous mangions avec eux. Nous étions unis. Des membres de la famille étaient partis quelques mois plus tôt et nous pensions qu’ils étaient avec Al Nusra. Mais leurs femmes et enfants étaient toujours là. Nous avions pris soin d’eux. Puis, deux jours avant qu’Al Nusra attaque, ils ont subitement quitté la ville. Nous ne savions pas pourquoi. Et puis, nos voisins ont mené nos ennemis jusqu’à nous. »

Georgios raconte comment il a vu un jeune de la famille qu’il connaissait depuis l’enfance tenir un sabre à la tête des djihadistes en se dirigeant vers les maisons des chrétiens.

« Nous avions d’excellentes relations. Ca ne nous serait jamais venu à l’esprit que nos voisins musulmans nous trahissent. Nous disions tous, S’il vous plait, laissez cette ville vivre en paix, nous n’avons pas besoin de nous entre tuer. Mais maintenant, le sang a coulé. Ils ont amené Al Nusra pour qu’ils jettent les chrétiens dehors et se débarassent de nous pour de bon. Certains musulmans qui vivaient avec nous étaient de bonnes personnes, mais je ne les croirai plus jamais. »

Une adolescente chrétienne d’Homs, en Syrie – ville qui autrefois regroupait une population de 80 000 chrétiens, réduite à présent à zéro – raconte :

« Nous sommes partis parce qu’ils essayaient de nous tuer. Ils voulaient nous tuer parce que nous étions chrétiens. Ils nous appelaient les koufars [les infidèles], même les petits enfants le disaient. Nos voisins se sont retournés contre nous. Je suis restée en contact avec quelques amis chrétiens, mais je ne peux plus parler à mes amis musulmans. Ca me désole beaucoup. »

Un autre réfugié chrétien donne sa version des faits :

« Nous avons quitté Mossoul parce que l’Etat Islamique entrait dans notre ville. Les musulmans sunnites de Mossoul se sont ralliés à eux et ont expulsé les chrétiens de la ville. Quand les djihadistes sont entrés, ils les ont acclamés. Les personnes qui ont serré dans leurs bras les djihadistes, ces personnes vivaient avec nous… Oui, mes voisins. Nos voisins et d’autres personnes nous menaçaient. Ils nous ont dit Partez avant que l’E.I ne vous attrape. Qu’est-ce que cela signifie ? Où étions nous supposés aller ? Les chrétiens n’ont aucun soutien en Irak. Toute personne qui déclare protéger les chrétiens est un menteur. Un menteur ! »

La trahison ne s’est pas limitée aux chrétiens. Les autres « infidèles » tel que les yézidis, ont subi le même sort. Un yézidi âgé d’une soixante d’années, qui a réussi à fuir son village à temps – avant le massacre de tous les hommes yézidis et la mise en esclavage des femmes et enfants – confie :

« Les djihadistes étaient afghans, bosniaques, arabes, et mêmes américains et anglais … mais les pires tueries venaient des gens qui vivaient parmi nous, nos voisins sunnites… Ils ont rejoint l’E.I, ont pris leurs armes, et les ont informés qui était yézidi et qui ne l’était pas. Nos voisins ont rendu possible la prise de pouvoir de la ville par les djihadistes. »

Lorsqu’on demanda à une réfugiée pourquoi ceux qu’elle connaissait toute sa vie ont brusquement changé pour se rallier à l’E.I et tuer sauvagement les habitants, la yézidie répond :

« Je ne peux pas vous dire exactement, mais ça doit avoir un lien avec la religion. C’est surement par rapport à la religion. Ils nous demandaient en permanence de nous convertir, mais on refusait. Avant ça, ils n’en parlaient jamais. Nous les considérions comme notre famille. Mais, je vous le dis, ça doit être la religion. »

Ces trahisons de sunnites n’est malheureusement pas un fait limité dans l’histoire. Il s’est déjà produit auparavant. Déjà, sous l’Empire Ottoman, il y a de cela un siècle…

« Puis, une nuit, mon mari est entré à la maison et nous a dit que le sultan avait envoyé l’ordre de tuer tous les chrétiens de notre village, et que nous devions tuer nos voisins. J’étais très en colère, et je lui ai dis que je m’en fichais de qui donnait les ordres, qu’ils avaient tord. Ces voisins avaient toujours été gentils à notre égard, et que s’il osait les tuer, Allah se vengerait. J’ai fais tout ce que j’ai pu pour l’en empêcher, mais il les a tués, il les a tués de ses propres mains. »  (Sir Edwin Pears, Turkey and its people, Londres, 1911.)

Pas seulement au Moyen-Orient, mais aussi au Nigéria : une attaque djihadiste qui détruisit cinq églises et tué plusieurs chrétiens, fut perpétrée par des musulmans locaux.

« Les musulmans du village faisaient le tour du village en indiquant les églises et commerces appartenant à des chrétiens aux membres de Boko Haram, et en retour, ils faisaient exploser ces mêmes églises et commerces. »

Pour d’autres témoignages, lisez celui de Resho, combattant yézidi trahi par ses voisins et amis de son village.


Source : Raymond Ibrahim
Traduction : Sapientia

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